Dentaire, optique et audio : à la recherche de la formule magique pour un reste à charge zéro

Dans sa feuille de route pour les mois à venir, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé le lancement du chantier du reste à charge zéro à l’horizon 2022 pour l’optique, les prothèses auditives et le dentaire. Les négociations devraient démarrer dès septembre.

Les négociations concernant la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, confirmée par la déclaration de politique générale du Premier ministre Édouard Philippe, devrait commencer en septembre d’après la ministre de la Santé. Objectif : faire en sorte que les frais dentaires, optiques et auditifs soient pris en charge à 100 % afin que les Français n’aient plus à mettre la main à la poche. Coût de la mesure : environ 4,4 milliards d'euros par an. Mais pour le moment, les détails pour la mise en œuvre de cette mesure sont encore méconnus. Et les négociations avec les professionnels de santé et les organismes complémentaires s'annoncent tendues.

Définir précisément le panier de soins

En effet, comment parvenir à rembourser intégralement les lunettes, les soins dentaires et prothèses auditives ? La ministre de la Santé estime qu’il faudra « gagner en efficience tout au long de la chaîne de valeur, définir un panier de soins indispensables, à tarifs opposables, en fixant des plafonds de prix, et un partage de la prise en charge entre assurances maladie obligatoire et complémentaire ».

Pour la Mutualité française, le partage de l’effort doit être large et concerner tous les acteurs du secteur : fabricants, professionnels de santé, assurance santé obligatoire et complémentaires santé. Son président, Thierry Beaudet, partage l’idée qu’il faut effectivement commencer par définir précisément « le panier de soins sur lequel on veut arriver à un reste à charge zéro ».

Serrer les prix de tous les intervenants

Il va aussi être indispensable, selon lui, d’agir sur les prix des équipements, « si on veut que ce soit indolore pour les Français » car « si on agit sur les remboursements sans agir sur les prix, on risque de créer un effet inflationniste contraire à l'objectif initial ».

Autrement dit, il n’est pas question de prendre la situation actuelle et de tout rembourser. L’objectif semble être de trouver un accord sur les soins et équipements jugés indispensables, puis serrer les prix de tous ceux qui les fournissent et les délivrent pour ensuite partager la note entre l’Assurance Maladie et les complémentaires santé. Les patients devraient être libres de « rajouter au pot » pour s’offrir des équipements plus haut de gamme. Résultats de courses dans quelques mois.

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