Dossier médical partagé généralisé à toute la France

La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et le ministère de la Santé ont officialisé le nouveau lancement du Dossier médical partagé (DMP) le 6 novembre. Ils comptent sur les professionnels de santé pour atteindre 40 millions de DMP ouverts d’ici quatre ans.

Un carnet de santé numérique

Après de nombre années d’attente, la généralisation du DMP est donc lancée. Rappelons que le DMP ne se substitue pas au dossier professionnel. Il s’agit d’un carnet de santé numérique conservant les informations de santé des personnes bénéficiant d’un régime de sécurité sociale. Il permet à un patient de partager ses données médicales avec un professionnels de santé en ville ou à l’hôpital : résultats d’examens de biologie, de radiologie, traitements prescrits, antécédents médicaux, compte rendu d’hospitalisation. Le patient peut lui aussi ajouter les documents qu’il estime pertinents.

Dès le lendemain de l’ouverture du DMP, l’outil est enrichi de deux années d’historique médical du patient, communiqué par l’Assurance maladie mais uniquement pour les actes portés au remboursement sans qu’il n’y ait pour autant de notion d’argent.

A partir d’avril 2019, il aura vocation à recueillir les directives anticipées des patients pour la fin de vie. Les antécédents de vaccination pourraient également être intégrés par la suite. L’objectif est de favoriser la coordination des soins, les relations ville-hôpital, d’éviter les accidents thérapeutiques, de suivre en détail la prise en charge de pathologies lourdes.

Comment ça marche ?

Le DMP est gratuit, non obligatoire, confidentiel et requiert le consentement du patient. Il peut être ouvert par le patient lui-même, par son médecin traitant, par les pharmaciens, par les infirmières libérales et par les agents des Caisses primaires d’Assurance maladie (CPAM).

L’ouverture peut se faire par le site Internet www.dmp.fr ou par le biais du logiciel métier, s’il est DMP-compatible. C’est le cas de Médicawin, logiciel métier de Sephira, à destination des médecins.

L’organisation du DMP

Au sein du DMP, les informations sont réparties en neuf rubriques : synthèse, traitement, analyses, imagerie, comptes rendus, prévention, certificats, données de remboursement, espace personnel.

Le volet de synthèse médicale du médecin doit pouvoir y être intégré sur simple « clic » avec les antécédents médicaux et chirurgicaux du patient, les problèmes de santé en cours, les problèmes chroniques, les allergies, le traitement de fond.

Un accès sécurisé 

Le DMP est conservé par un hébergeur de données de santé agréé (Santeos, filiale du groupe français Atos). La création d’un DMP exige une carte vitale. Le professionnel de santé habilité doit aussi s’identifier avec sa carte professionnelle s’il souhaite créer, alimenter et consulter le DMP.

Lorsque le patient souhaite se connecter à son DMP, il dispose d’un identifiant, d’un mot de passe, et reçoit un code à usage unique par email ou par SMS.

C’est le patient qui décide des informations qu’il souhaite faire apparaître dans son DMP et des professionnels qui peuvent le consulter. Il peut donc cacher certains contenus à certains professionnels de santé sauf à son médecin traitant. Il est averti dès qu’un document est ajouté à son DMP mais aussi dès qu’un professionnel se connecte pour la première fois à son dossier. Le médecin peut lui aussi décider de cacher une information sensible à son patient, le temps de le rencontrer en consultation d’annonce par exemple.

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